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	<title>Archives des Livres - زوايا ميادين | Mayadin Columns</title>
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	<description>صوت من لا صوت له &#124; الإعلام البديل</description>
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	<title>Archives des Livres - زوايا ميادين | Mayadin Columns</title>
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		<title>Livre sur le camp d&#8217;internement de Jargeau</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Feb 2026 07:29:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Cercil - musée mémorial des enfants du Vel d’Hiv réédite un livre passionnant sur le camp d’internement de Jargeau (Loiret), à l’occasion du 80e anniversaire de sa fermeture. Son auteur, Pascal Vion, braque les projecteurs sur une page d’histoire volontairement oubliée pendant des décennies.</p>
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<p class="has-medium-font-size"><strong><em>Le Cercil &#8211; musée mémorial des enfants du Vel d’Hiv réédite un livre passionnant sur le camp d’internement de Jargeau (Loiret), à l’occasion du 80e anniversaire de sa fermeture. Son auteur, Pascal Vion, braque les projecteurs sur une page d’histoire volontairement oubliée pendant des décennies.</em></strong></p>



<p>« Jargeau a eu aussi son camp de la honte. » Le 25 juillet 1989, la une de « La République du Centre » fait l’effet d’une petite bombe. Le quotidien régional y révèle l’existence du camp d’internement ouvert pendant la Seconde Guerre mondiale. Et cela grâce au mémoire de maîtrise d’un étudiant, Pascal Vion.</p>



<p>Son ouvrage, « Le camp de Jargeau. Juin 1940 &#8211; décembre 1945. Histoire d’un camp d’internement dans le Loiret », vient d’être réédité par le&nbsp;<a href="https://www.leparisien.fr/loiret-45/ecrire-sur-la-rafle-du-val-dhiv-le-dramaturge-luc-tartar-en-immersion-au-cercil-dorleans-21-02-2025-7J4VAOOBAFCNXCGUB5N4DRINAM.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret</a>&nbsp;(Cercil), qui avait déjà édité la précédente version en 1995.</p>



<p>Le Cercil a été fondé en 1991 par&nbsp;<a href="https://www.leparisien.fr/loiret-45/une-grande-table-republicaine-pour-entretenir-la-memoire-vivante-de-jean-zay-a-orleans-16-11-2023-PIRQ55TC6FCKTFTQTBFXTDQRSM.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Hélène Mouchard-Zay</a>, la fille cadette de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale et de la Culture de 1936 à 1939, condamné par Vichy parce que résistant et juif, puis assassiné par la milice le 20 juin 1944. « Parmi les missions que s’est fixées le Cercil, l’éclairage de ce que fut la détention des non-juifs aurait pu être relégué à l’arrière-plan. Mais, déjà, l’exposition présentée par le centre en 1992 avait refusé de négliger cette autre face de l’internement et avait consacré une place particulière au camp de Jargeau », souligne Serge Klarsfeld, auteur de la préface du livre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-10582" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-1024x682.jpg 1024w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-300x200.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-768x512.jpg 768w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-310x205.jpg 310w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-24x16.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-36x24.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-48x32.jpg 48w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Dans le quotidien des internés</h2>



<p>Construit pour recevoir les prisonniers allemands, Jargeau est finalement devenu un camp d’internement et a accueilli 1 945 personnes entre le 5 mars 1941 et le 31 décembre 1945, dont 1 365 « individus errants », en raison d’un décret du 6 avril 1940 qui interdit leur circulation sur le territoire.</p>



<p>Jusqu’en décembre 1945, le camp accueille principalement ces nomades, mais aussi des prostituées, des réfractaires au STO, des étrangers ou des politiques. Tous indésirables.</p>



<p>Pascal Vion décrit remarquablement, documents à l’appui, la vie quotidienne des internés. Il a enquêté, examiné une masse considérable d’archives, rencontré des témoins survivants de cette période mais aussi des personnels.</p>



<p>« Je me souviens qu’à la fin des années 1980, il était difficile d’évoquer sans irriter l’histoire du camp de Jargeau avec les habitants de la commune ayant connu la période de l’Occupation. C’étaient des années sombres », souligne Pascal Vion.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Nomades, prostituées, étrangers, politiques… 80 ans après la fermeture du camp de Jargeau, un livre pour ne pas oublier les internés</p>
</blockquote>



<p>Il relate dans son ouvrage le refus du conseil municipal en 1990 d’autoriser la pose d’une plaque commémorative sur le site de l’ancien camp de Jargeau devenu collège du Clos Ferbois. En 1991, une stèle est officiellement inaugurée en présence d’anciens internés. Mais elle n’est visible qu’à l’intérieur du collège.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Pour se souvenir de ce que l’on n’a pas toujours voulu voir »</h2>



<p>En 2006, une conférence organisée à la salle polyvalente de Jargeau va tout changer. Plus de 250 personnes y assistent. « Un souvenir inoubliable. Il s’est passé quelque chose ce soir-là, un peu comme si cette histoire était désormais assumée collectivement par les habitants », analyse l’auteur.</p>



<p>Aujourd’hui, il est directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Ouest à Rennes, après avoir occupé plusieurs postes de sous-préfet. Mais les enjeux et les rencontres qu’il a pu réaliser durant sa carrière l’ont souvent ramené aux réflexions de ce travail de jeunesse : « Quelle prise en charge de la marginalité dans notre société ? Comment entretenir la mémoire des hommes et des lieux ? »</p>



<p>Selon lui, la réédition de cet ouvrage rappelle ainsi « l’acuité et la nécessité d’écrire pour se souvenir de ce que l’on n’a pas toujours voulu voir ».</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="932" height="582" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image.png" alt="" class="wp-image-10583" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image.png 932w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-300x187.png 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-768x480.png 768w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-24x15.png 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-36x22.png 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2026/02/image-48x30.png 48w" sizes="(max-width: 932px) 100vw, 932px" /></figure>



<p><strong>Pascal Vion est l&#8217;auteur d&#8217;un livre sur le camp d&#8217;internement de Jargeau (Loiret), réédité à l&#8217;occasion des 80 ans de sa fermeture, en décembre 1945. DR</strong></p>



<p>World Opinion +<a href="https://www.leparisien.fr/loiret-45/nomades-prostituees-etrangers-politiques-80-ans-apres-la-fermeture-du-camp-de-jargeau-un-livre-pour-ne-pas-oublier-les-internes-26-01-2026-DGEG56IOCVFXBNHYDEIDYOTZFM.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> leparisien.fr</a></p>
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		<title>Livres. La romancière Marion Brunet, « Prix Nobel » et âme rebelle</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Aug 2025 18:50:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand Marion Brunet a prévenu, par texto, Xavier d'Almeida, son éditeur chez PKJ., qu'elle était la lauréate 2025 du prestigieux prix commémoratif Astrid-Lindgren, il lui a répondu : « Vive le mois d'avril », suivi d'un émoji poisson.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681125-g-jpg_11281710.jpg" alt="" class="wp-image-9980" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681125-g-jpg_11281710.jpg 700w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681125-g-jpg_11281710-300x214.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681125-g-jpg_11281710-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681125-g-jpg_11281710-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681125-g-jpg_11281710-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p style="font-size:17px">Rencontre avec la lauréate du prix Astrid-Lindgren 2025, fameux « Nobel de la jeunesse », une romancière punk et poétique qui éclaire le monde sans jamais s’y complaire.</p>



<p>Quand Marion Brunet a prévenu, par texto, Xavier d&#8217;Almeida, son éditeur chez PKJ., qu&#8217;elle était la lauréate 2025 du prestigieux prix commémoratif Astrid-Lindgren, il lui a répondu : « Vive le mois d&#8217;avril », suivi d&#8217;un émoji poisson. Forcément, c&#8217;était le premier jour du mois, celui de toutes les blagues. Sauf que c&#8217;était vrai. Elle avait décroché le fameux « Nobel de la jeunesse », prix littéraire international doté d&#8217;une récompense de 5 millions de couronnes suédoises, soit plus de 462 000 euros.</p>



<p>Elle est la seconde Française à le recevoir, après Jean-Claude Mourlevat, en 2021. Marion Brunet a publié sur sa page Facebook l&#8217;enregistrement d&#8217;une conversation téléphonique : cueillie au saut du lit, elle a la voix embrumée par le sommeil et la fumée de cigarette. Au bout du fil, Boel Westin, présidente du jury, lui présente ses « plus chaleureuses félicitations », tandis que l&#8217;autrice, sidérée, éclate d&#8217;un rire si joyeux qu&#8217;il gagne aussitôt cette grande dame des lettres scandinaves.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>« C&#8217;est rare, les gens qui font l&#8217;unanimité »</strong></p>



<p>Il y a toujours de la joie autour de Marion Brunet, on le savait pour l&#8217;avoir déjà croisée dans des festivals littéraires : elle appartient à cette catégorie de personnes qui attirent et renvoient la lumière, elle est de ceux et celles qu&#8217;on suit des yeux sans qu&#8217;ils en tirent jamais de gloire – c&#8217;est leur nature.</p>



<p>Attablée en terrasse, près de la gare de Lyon, cette Marseillaise d&#8217;adoption, née en 1976, nous attend, ses yeux gris-vert pétillants sous une tignasse courte un peu ébouriffée, des bagues assez phénoménales à presque tous les doigts, dont une en argent représentant un gros poulpe : « J&#8217;adore, c&#8217;est un animal très gracieux, tellement intelligent, vous savez qu&#8217;il peut dévisser le couvercle des pots de confiture ? » dit-elle en mimant des tentacules avec ses mains. On a vu des romancières se prendre au sérieux, surtout après avoir décroché un immense prix littéraire. Marion Brunet fait le poulpe.</p>



<p>« Elle est comme ça : simple et chaleureuse, raconte Xavier d&#8217;Almeida, l&#8217;éditeur qui se remet à peine de ce poisson d&#8217;avril qui n&#8217;en était pas un. Elle est lauréate du second prix littéraire le mieux doté du monde, et je n&#8217;entends personne persifler qu&#8217;il est jaloux. Tout le monde l&#8217;aime, et c&#8217;est normal : elle est généreuse en tout. C&#8217;est rare, les gens qui font l&#8217;unanimité. »</p>



<p>On veut comprendre d&#8217;où vient sa lumière. Comment a-t-elle grandi ? Elle rit de l&#8217;exercice un peu scolaire de l&#8217;autoportrait : « Je suis née dans un tout petit village du Vaucluse, j&#8217;ai une sœur aînée, mes parents étaient éducateurs spécialisés, je n&#8217;étais pas super bonne élève, sauf en français… » Il y a des livres partout chez elle, alors elle lit, « trois bouquins par semaine ».</p>



<p>« J&#8217;ai été formée par le classique, la tragédie grecque, le théâtre. Plus tard, Steinbeck, Fante, Joyce Carol Oates. À la fin du lycée, j&#8217;ai eu une grosse période russe. Dostoïevski, Tolstoï. Le théâtre de Sartre. Mon chouchou absolu, c&#8217;était Guy de Maupassant.Une Vie. Bel Ami. SurtoutBel Ami, l&#8217;histoire d&#8217;un salopard qui monte les échelons en utilisant les femmes. Elles sont toutes plus intelligentes que lui, mais il a le pouvoir parce que c&#8217;est un homme. Et Boule de Suif. Une prostituée dans une diligence, que tout le monde méprise, mais qui leur sauve la mise. La littérature qui se préoccupe des petites gens, ça m&#8217;a toujours plu… »</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Des tiroirs pleins de manuscrits</strong></p>



<p>Les « petites gens », avant d&#8217;en faire le cœur de sa littérature, Marion Brunet s&#8217;en est d&#8217;abord préoccupée dans la vraie vie. Après une maîtrise d&#8217;écriture créative, l&#8217;une des toutes premières en France, qui n&#8217;aboutit pas à la publication d&#8217;un roman, elle s&#8217;oriente, comme ses parents, vers la profession d&#8217;éducatrice spécialisée.</p>



<p>Pendant quinze ans, elle travaille au contact de femmes seules avec enfants, dans des foyers d&#8217;accueil d&#8217;urgence pour mineurs, dans un hôpital de jour pour adolescents atteints de troubles psychiatriques… « J&#8217;ai adoré ce métier, mais j&#8217;en avais marre. Autant de l&#8217;institution que de la fatigue psychique que provoque le fait d&#8217;être en contact, au quotidien, avec la psychose. J&#8217;étais à vif… » Une amie d&#8217;enfance lui donne le genre de conseil qui fait basculer une vie : « Depuis que je te connais, tu écris. Il faut que tu publies ! »</p>



<p>Les tiroirs de Marion Brunet sont pleins de manuscrits. « Gamine, j&#8217;inventais des histoires, ado, des poèmes, jeune adulte, de l&#8217;autofiction un peu chiante qui se regardait écrire… » Elle a envoyé deux manuscrits à des maisons d&#8217;édition. Le premier, à la vingtaine, fruit de son travail de maîtrise, est resté lettre morte. Le deuxième, à 30 ans, était un recueil de nouvelles qui lui avait valu quelques lettres de refus manuscrites, avec des encouragements.</p>



<p>« Le problème, c&#8217;est que je racontais ma propre histoire. Des bribes de légende familiale, le mal-être dans lequel j&#8217;étais, tout ça plein de bons sentiments. C&#8217;était très irritant. » La jeunesse la sort de ses ornières. « Je me suis souvenue de ce que je racontais quand j&#8217;étais gosse. Des aventures très humanistes, une histoire qui se passait dans une réserve amérindienne, une autre qui réunissait deux personnages pendant le séisme qui a dévasté l&#8217;Arménie, en 1988. Je me suis dit que la solution était peut-être de redevenir fidèle à la petite fille que j&#8217;étais, la raconteuse d&#8217;histoires qui regardait le monde. Écrire pour elle, comme elle. »</p>



<p>S&#8217;adresser à un public « plus grand »</p>



<p>Marion Brunet ne connaît pas, alors, la littérature jeunesse contemporaine. Elle se penche sur les catalogues, est renversée par la qualité de ce qu&#8217;elle découvre. Elle sent que le secteur l&#8217;éloigne de son « nombril »,comprend la vertu de l&#8217;exercice et s&#8217;attelle à la rédaction de Frangine, son premier roman, dont elle fait lire quelques chapitres à Thibault Bérard, alors éditeur chez Sarbacane. Il adore.</p>



<p>Elle publie en 2013 ce premier roman pour ados mettant en scène un frère et une sœur élevés par deux femmes, aux prises avec les préjugés de leur entourage et les tourments de la vie. Marion Brunet reçoit un bon accueil, publie un deuxième roman pour ados, La Gueule du loup, toujours tourné vers les problématiques sociales et intimes de l&#8217;adolescence, puis deux romans pour petits lecteurs.</p>



<p>Elle commence à ressentir l&#8217;envie de s&#8217;adresser à un public « plus grand ». En 2016, elle fait paraître Dans le désordre, toujours destiné aux adolescents, grande histoire d&#8217;amitié sur fond de révolte, très politique. Elle reçoit le prix Ados en colère, pour Frangine, au Salon du livre d&#8217;expression populaire et de critique sociale d&#8217;Arras.</p>



<p>Là, elle rencontre Stéfanie Delestré, actuelle directrice de la « Série noire », chez Gallimard, à l&#8217;époque éditrice chez Albin Michel. « Elle m&#8217;a dit : “Tu sais quoi, Dans le désordre, j&#8217;aurais pu le publier en rayon adulte !&#8221; » C&#8217;est le déclic. Marion Brunet écrit L&#8217;Été circulaire, superbe roman noir questionnant la liberté des femmes, le déclassement social, le racisme…</p>



<p>Elle le propose à Stéfanie Delestré, qui lui suggère de le montrer à d&#8217;autres éditeurs. Tous acceptent : Aurélien Masson chez Gallimard, Adrien Bosc et Gwenaëlle Denoyers au Seuil, Glenn Tavennec chez Robert Laffont, Pierre Fourniaud à La Manufacture de livres…</p>



<p>Marion Brunet regrette que Stéfanie Delestré ne veuille pas d&#8217;elle, l&#8217;éditrice dissipe le malentendu : elle voulait juste prouver à son autrice qu&#8217;elle avait le choix. L&#8217;Été circulaire sort en 2018 chez Albin Michel. Sans être publié dans le secteur polar, il vaut à la romancière le Grand Prix de littérature policière et lui ouvre un large public.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Irrévérence et élégance</strong></p>



<p>Les idées se bousculent dans la tête de Marion Brunet, qui, pour sa part, bouleverse tout : les genres, les codes, les âges. Elle publie deux romans chez PKJ., Sans foi ni loi (2019) et Plein Gris (2021), un western et un roman d&#8217;aventure en mer, portés par son écriture singulière, tout en envolées nerveuses et ralentissements superbes, et deux magnifiques romans adultes, Vanda (2020) et Nos armes (2024), se lance dans une trilogie dystopique pour ados (Ilos, dont le deuxième tome vient de paraître), trace son chemin entre irrévérence punk et élégance poétique, pareille à nulle autre, forcément remarquée, jusqu&#8217;à ce prix commémoratif Astrid-Lindgren, qui la touche particulièrement, car il récompense « l&#8217;ensemble de son œuvre » : « Ils m&#8217;ont beaucoup parlé des personnages adolescents de L&#8217;Été circulaire, qui pourtant ne les concerne pas. »</p>



<p>Plusieurs de ses romans destinés à la jeunesse sortent en poche en secteur adulte. « Les personnages de ses romans pour adultes sont presque les mêmes que ceux de ses romans pour ados, c&#8217;est comme s&#8217;ils vieillissaient sous nos yeux », complimente Xavier d&#8217;Almeida.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681124-g-jpg_11281709.jpg" alt="" class="wp-image-9982" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681124-g-jpg_11281709.jpg 700w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681124-g-jpg_11281709-300x214.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681124-g-jpg_11281709-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681124-g-jpg_11281709-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679501-27681124-g-jpg_11281709-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p><strong>« LA GUEULE DU LOUP » Sarbacane (232 p., 16 €).« L’ÉTÉ CIRCULAIRE » Albin Michel (272 p., 18 €).« PLEIN GRIS » PKJ. (224 p., 16,90 €).« NOS ARMES » Albin Michel (384 p., 20,90 €).« ILOS » PKJ. (240 p., 16,90 €).</strong></p>



<p>À la douceur et à la gaieté de Marion Brunet répondent ses romans noirs, portés comme des droites. L&#8217;image fait mouche : son prochain roman (adulte) se passera dans le milieu de la boxe. « Évidemment, je suis en colère, la violence m&#8217;intéresse, je milite ardemment pour les droits des femmes, pour les droits sociaux. Mais la lumière, on ne la voit jamais aussi bien que dans le noir. Mes livres sont bourrés de tendresse, parce qu&#8217;il y a toujours quelque chose qui sauve. »</p>



<p>On n&#8217;écrira pas grand-chose de la vie privée de Marion Brunet. Elle a un fils de 14 ans, en garde alternée, à qui elle a transmis sa certitude qu&#8217;un câlin peut régler la plupart des problèmes. « Ce prix arrive après un très gros problème de santé », confie Xavier d&#8217;Almeida. Elle est d&#8217;accord pour qu&#8217;on le cite, sans commentaire.</p>



<p>Le jour où nous nous rencontrons, elle prépare son discours pour la remise du prix commémoratif Astrid-Lindgren, le 9 juin, à Stockholm. Elle a noté quelques phrases du discours de Camus qu&#8217;elle a écouté et qui l&#8217;a bouleversée. Elle lit : « [L&#8217;écrivain] ne peut se mettre aujourd&#8217;hui au service de ceux qui font l&#8217;Histoire : il est au service de ceux qui la subissent. » Une émotion trouble ses iris d&#8217;étain, alors elle plaisante : « Il m&#8217;a tout pris, le salaud ! » Et bien sûr elle rit. Irrésistible.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="700" height="500" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679502lpw-27681122-mega-une-jpg_11289611.jpg" alt="" class="wp-image-9981" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679502lpw-27681122-mega-une-jpg_11289611.jpg 700w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679502lpw-27681122-mega-une-jpg_11289611-300x214.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679502lpw-27681122-mega-une-jpg_11289611-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679502lpw-27681122-mega-une-jpg_11289611-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2025/08/27679502lpw-27681122-mega-une-jpg_11289611-48x34.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>World Opinions +<a href="https://www.lepoint.fr/livres/la-romanciere-marion-brunet-prix-nobel-et-ame-rebelle-02-08-2025-2595614_37.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> lepoint.fr</a></strong></p>
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		<title>Livres. En Algérie, une maison d’édition se saborde après une polémique visant l’un de ses romans, jugé immoral</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Jul 2024 19:59:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Accusée de porter atteinte à la bienséance et aux valeurs religieuses, Inaam Bayoud, l’autrice de « Houaria », a été la cible d’une violente campagne sur les réseaux sociaux.</p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-en-algerie-une-maison-dedition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-lun-de-ses-romans-juge-immoral/9775/">Livres. En Algérie, une maison d’édition se saborde après une polémique visant l’un de ses romans, jugé immoral</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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<p style="font-size:17px"><strong>Accusée de porter atteinte à la bienséance et aux valeurs religieuses, Inaam Bayoud, l’autrice de « Houaria », a été la cible d’une violente campagne sur les réseaux sociaux.</strong></p>



<p>L’affaire illustre les dégâts de la guerre culturelle à l’œuvre sur les réseaux sociaux en Algérie. La maison d’édition MIM a annoncé, mardi 16 juillet, son sabordage après la violente mise à l’index d’un de ses romans, <em>Houaria</em>, signé de l’autrice Inaam Bayoud. L’ouvrage venait pourtant d’être consacré par une prestigieuse récompense, le grand prix Assia Djebar du roman en langue arabe, remis à Alger le 9 juillet en présence de la ministre de la culture, Soraya Mouloudji. Créé en 2015 par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), le prix Assia Djebar récompense les meilleures œuvres de fiction en langues arabe, amazighe et française.</p>



<p><em>«&nbsp;MIM a désormais fermé ses portes, contre le vent et contre le feu</em>,a annoncé cette petite maison d’édition dans un communiqué.<em> Nous n’étions que des défenseurs de la paix et de l’amour et nous ne cherchions qu’à diffuser cela</em>.<em> Préservez le pays de la dispersion et préservez le livre, car un peuple qui lit est un peuple qui ne peut être ni asservi ni affamé.&nbsp;»</em></p>



<p>L’annonce a suscité un choc dans les milieux culturels, d’autant que la polémique renvoie l’image d’une Algérie polarisée. L’affrontement met aux prises les «&nbsp;progressistes&nbsp;», défenseurs de la liberté d’expression, et les «&nbsp;conservateurs&nbsp;», qui dénoncent des atteintes aux «&nbsp;valeurs&nbsp;» de la nation.</p>



<p>Les toutes premières réactions hostiles au roman, ainsi que le suggère le communiqué de MIM, adressé aux <em>«&nbsp;Algériens, aux intellectuels surtout, aux écrivains et aux écrivaillons, aux&nbsp;vraies maisons d’édition et aux pseudo-éditeurs&nbsp;»</em>, relèvent davantage des traditionnelles jalousies littéraires. L’auteur et éditeur Rabah Kheddouci, par exemple, fustige la <em>«&nbsp;fadeur&nbsp;»</em> stylistique du roman, qui ne le rend pas digne, selon lui, d’être couronné du grand prix Assia Djebar. <em>«&nbsp;Où sont la splendeur du mot et la magie de l’énoncé&nbsp;?&nbsp;»</em>, s’indigne-t-il. Tout comme l’écrivain Tayeb Sayad, pour qui la littérature doit permettre aux lecteurs de <em>«&nbsp;s’élever grâce à&nbsp;l’éloquence de l’expression, la nouveauté de la pensée ou la noblesse des sentiments humains&nbsp;».</em></p>



<p>Ces critiques ont cependant vite dérapé vers des dénonciations moralisantes, reprochant à&nbsp;l’autrice l’usage d’expressions crues en langage vernaculaire (<em>darja</em>). Inaam Bayoud se&nbsp;retrouve accusée d’avoir <em>«&nbsp;outragé&nbsp;»</em> les femmes de l’Oranie, où le nom de Houaria – qui fait référence à Sidi El Houari, le saint patron de la ville d’Oran – est très courant. Des passages du roman ont été diffusés pour montrer que l’autrice s’attaque à la bienséance et aux valeurs religieuses. L’extrait le plus répandu est celui d’une admonestation violente adressée par un homme à une femme&nbsp;: <em>«&nbsp;Mais je te le dis et écoute-moi bien, même si tu rentres dans le cul d’une souris, je t’attraperai.&nbsp;»</em> Le fait que cela soit écrit en <em>darja</em> rend les propos encore plus crus aux yeux des défenseurs des bonnes mœurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Les censeurs sont des imbéciles&nbsp;»</h2>



<p>Inaam Bayoud a expliqué dans des déclarations aux médias que <em>Houaria</em> est inspiré d’une personne réelle et que son intention était de raconter la «&nbsp;décennie noire&nbsp;» (guerre qui opposa les autorités aux islamistes de 1991 à 2002) à travers une liseuse de lignes de la main qui rencontre des gens de toutes les strates de la société. <em>«&nbsp;Elle devient ainsi le personnage central à travers lequel je plonge dans la profondeur des autres personnages et tisse leurs vies.&nbsp;»</em></p>



<p>Ces réactions hostiles ont suscité des réponses fermes de la sphère culturelle aussi bien arabophone que francophone. Des écrivains, éditeurs, intellectuels et journalistes ont lancé une motion de soutien à la romancière et à la maison d’édition MIM, dénonçant <em>«&nbsp;les attaques indignes et les menaces à peine voilées ou assumées contre elles&nbsp;»</em>. La motion appelle la directrice de MIM à <em>«&nbsp;revenir sur sa décision de fermer sa maison suite aux pressions subies&nbsp;»</em>.</p>



<p>Alors que le lectorat en Algérie est faible, voire anecdotique, cette polémique a donné une visibilité inattendue à <em>Houaria</em>. <em>«&nbsp;Quel que soit l’interdit, il ne peut pas tuer un livre, car celui-ci trouvera toujours le chemin vers son public, surtout à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux</em>,affirme l’historien Hosni Kitouni sur sa page Facebook<em>. Voilà pourquoi les censeurs sont des imbéciles, mais des imbéciles dangereux, car, si on leur laisse les mains libres, ils risquent de poursuivre leur œuvre de destruction en visant autre chose, comme le droit d’aimer ou celui de s’émouvoir en écoutant Abdelhalim chanter sa lettre immortelle&nbsp;» </em>– référence à la chanson d’amour culte <em>Lettre de sous l’eau</em>, écrite par le poète Nizar Kabbani et chantée par Abdelhalim Hafez.</p>



<p>Même si les autorités ne s’impliquent pas dans cette polémique, beaucoup d’observateurs soulignent que ces attaques ne sont pas séparables du climat général de restriction des libertés publiques en Algérie. La police avait ainsi procédé, le 29&nbsp;juin, à l’interpellation, durant quelques heures, de l’écrivaine française Dominique Martre, alors qu’elle présentait à Béjaïa son livre <em>La Kabylie en partage. Dans l’intimité des femmes </em>(Koukou), qui relate ses souvenirs d’enseignante dans un village de Kabylie dans les années&nbsp;1970.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong><em>Par Karim Amrouche (Alger, correspondance) &#8211;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/07/18/en-algerie-une-maison-d-edition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-l-un-de-ses-romans-juge-immoral_6252095_3212.html"> L</a><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/07/18/en-algerie-une-maison-d-edition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-l-un-de-ses-romans-juge-immoral_6252095_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">e</a><a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/07/18/en-algerie-une-maison-d-edition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-l-un-de-ses-romans-juge-immoral_6252095_3212.html"> Monde Livre</a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-en-algerie-une-maison-dedition-se-saborde-apres-une-polemique-visant-lun-de-ses-romans-juge-immoral/9775/">Livres. En Algérie, une maison d’édition se saborde après une polémique visant l’un de ses romans, jugé immoral</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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		<title>Livres. « La Parole aux Négresses », réédition d’un manifeste féministe qui a fait date</title>
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		<pubDate>Sun, 26 May 2024 15:10:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ce titre provocateur, l’essayiste, née en 1950, signifiait la rupture du silence des femmes africaines et redimensionnait les contours d’un mouvement féministe jusqu’alors considéré comme essentiellement occidental.</p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-la-parole-aux-negresses-reedition-dun-manifeste-feministe-qui-a-fait-date/9683/">Livres. « La Parole aux Négresses », réédition d’un manifeste féministe qui a fait date</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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<p style="font-size:17px"><strong>Mutilations génitales, polygamie, blanchiment de la peau, dot : il y a quarante-six ans, la chercheuse sénégalaise Awa Thiam faisait entendre pour la première fois les voix des Africaines dans un essai qui reparaît au Sénégal et en France.</strong></p>



<p>En 1978 paraissait <em>La Parole aux Négresses </em>aux éditions Denoël<em>, </em>manifeste féministe signé de l’anthropologue sénégalaise Awa Thiam. Avec ce titre provocateur, l’essayiste, née en 1950, signifiait la rupture du silence des femmes africaines<strong> </strong>et redimensionnait les contours d’un mouvement féministe jusqu’alors considéré comme essentiellement occidental. Disparu des rayons des librairies francophones au milieu des années 1980, l’ouvrage est cependant resté dans les mémoires grâce au circuit du livre d’occasion tandis que, dans sa traduction anglaise, il poursuivait sa carrière, devenant un livre de référence dans plusieurs facultés américaines. Il reparaît enfin, vendredi 24 mai, en France (éd. Divergences) et au Sénégal (éd. Saaraba).</p>



<p>C’est un livre qu’<em>« il urge de lire », « une réédition nécessaire »</em>, soulignent les préfacières de 2024, toutes deux sénégalaises. L’une et l’autre ont découvert <em>La Parole aux Négresses </em>durant leurs études supérieures et le considèrent depuis lors<em> </em>comme un moment clé de leur formation intellectuelle. La première, Mame-Fatou Niang, 42 ans, professeure de littérature à l’université de Pittsburgh, l’a intégré à ses enseignements. Mais, au-delà de cet usage académique, elle évoque l’expérience quasi organique de sa lecture : <em>« Dérangement, douleur, colère, dégoût, joie, résolutions. Mais, après chaque lecture, l’impression de sentir une partie amputée repousser. »</em></p>



<p>La seconde, Ndeye Fatou Kane, 37&nbsp;ans, écrivaine et doctorante en sociologie du genre à l’Université de Paris insiste sur le<em> «&nbsp;legs précieux&nbsp;» </em>qu’est le livre à ses yeux&nbsp;: <em>«&nbsp;Chaque lecture est une redécouverte pour la féministe que je suis.&nbsp;»</em> Profond respect donc, sentiment de sororité pour ces nièces adoptives de l’autrice&nbsp;? Assurément. Ainsi, sans doute, que pour toute une génération de chercheuses, créatrices, penseuses – et on l’espère penseurs – de l’Afrique actuelle que les débats féministes interpellent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Hybridité</h2>



<p>De fait, même si des mouvements féminins souvent liés à des partis politiques préexistent à son discours – Ndeye Fatou Kane rappelle par exemple l’existence de l’Union des Femmes sénégalaises en 1958 –, Awa Thiam est historiquement la première femme africaine à oser faire état, dans un livre, des problèmes qui gangrènent la vie des femmes noires. <em>La Parole aux Négresses </em>débute par leurs témoignages. Elles s’appellent Yacine, Médina, Tabara, Mouna, Ekanem. Elles sont originaires de la Guinée, du Sénégal, du Mali, de Côte d’Ivoire, du Nigeria… Après leurs <em>« mots »</em> Awa Thiam brise le tabou en dénonçant leurs <em>« maux »</em> : pratiques traditionnelles de la polygamie, de la dot, des mutilations génitales, blanchiment de la peau. Enfin, la dernière partie du livre se veut un appel à l’action, voire à la révolution : <em>« La solution du problème des femmes sera collective et internationale. Le changement de leur statut sera à ce prix ou ne sera pas », </em>écrit l’autrice avec emphase, rejoignant ainsi, après avoir posé la spécificité des luttes des Africaines, le cercle élargi de l’oppression féminine mondiale.</p>



<p>Awa Thiam a été saluée mais aussi largement critiquée en son temps pour l’hybridité de son ouvrage. Le caractère scientifique de son travail a été remis en cause, jusqu’à lui dénier la capacité à produire des connaissances. Des réactions pour le moins condescendantes à l’égard de cette intellectuelle deux fois docteure de l’université. Même Benoîte Groult, militante française signataire de la préface de 1978, garde à son égard un certain surplomb. D’après Mame Fatou Niang, la féministe française <em>« reconnaîtra la contribution </em>[de Awa Thiam]<em> sur le volet de l’oppression patriarcale et la soumission des corps, mais manquera </em>[sa]<em> proposition de systèmes imbriqués : sexisme, racisme, classe et colonialisme, passant sous silence l’horizon radical et révolutionnaire de </em>[son]<em> essai ».</em></p>



<p>Ce sont pourtant bien les éléments du concept d’intersectionnalité que formule avec quarante-six ans d’avance Awa Thiam. <em>«&nbsp;Là où l’Européenne se plaint d’être doublement opprimée, la Négresse l’est triplement, </em>écrit-elle.<em> Oppression de par son sexe, de par sa classe, et de par sa race. Sexisme-Racisme-Existence de classes sociales (capitalisme, colonialisme ou néo-colonialisme).&nbsp;»</em> Son discours est donc tout aussi fortement pionnier que politique, fondateur d’un afroféminisme, qui, après l’Année internationale des femmes décrétée en&nbsp;1975 par les Nations unies, revendique d’être reconnu dans ses spécificités tout autant que de prendre sa place dans le mouvement féministe mondial.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«&nbsp;Invisibilisées&nbsp;»</h2>



<p>C’est un pas considérable qu’a franchi Awa Thiam en signant son courageux essai. Un pas d’autant plus intéressant à mesurer aujourd’hui, à l’aune de l’évolution des problématiques féminines sur le continent africain. A ce propos, dans la postface de la réédition sénégalaise, la sociologue Kani Diop s’attache à relever certains progrès comme le recul de la pratique des mutilations génitales, à force de mobilisation étatique, juridique et de la société civile. Mais elle n’en considère pas moins que les sujets abordés par Awa Thiam demeurent pertinents.</p>



<p>Sur ce point, Ndèye Fatou Kane fait plus qu’approuver, elle s’insurge&nbsp;: <em>«&nbsp;</em>La Parole aux Négresses<em> est d’une triste actualité. Nous continuons à parler de la dépigmentation, la polygamie, les mutilations génitales. Or en Gambie, la loi de 2015 qui rendait l’excision illégale est en passe d’être abrogée… Avant même l’élection du président Diomaye Faye, les histoires qui agitaient l’opinion autour d’Ousmane Sonko ont mis en exergue le fait que les femmes sénégalaises, féministes ou pas, étaient en train d’être invisibilisées. Quel message renvoie aujourd’hui le ministère de la famille et des solidarités dont l’intitulé ne contient le terme “femme”&nbsp;? Que les femmes sont cantonnées à la sphère domestique et de la reproduction alors que les hommes auraient droit à celle de la production&nbsp;? La reparution du livre relancera certainement l’accusation de l’occidentalisation des féministes sénégalaises, qui seraient très loin des réalités. Mais les pourfendeurs du féminisme verront qu’il y a quarante-six ans, c’est bien l’une des nôtres qui a écrit ce livre et l’Occident n’a rien à voir avec ça.&nbsp;»</em></p>



<p>Awa Thiam ne s’est plus guère fait entendre depuis son livre-événement, préférant rester à distance des projecteurs médiatiques. <em>La Parole aux Négresses </em>fait à nouveau entendre sa voix et celles de nombreuses femmes. Qui sait combien de voies s’ouvriront encore grâce à elles&nbsp;?</p>



<p><em><strong>La Parole aux Négresses</strong>, </em>d’Awa Thiam, éd. Divergences, Paris, 208 pages, 16&nbsp;euros, préface Mame-Fatou Niang, livre suivi de la préface de l’édition originale par Benoîte Groult.</p>



<p><em><strong>La Parole aux Négresses</strong>, </em>d’Awa Thiam, éd. Saaraba, Dakar, 200 pages, 9 000 francs CFA, préface Ndèye Fatou Kane, entretien en postface avec Kani Diop.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa.jpg" alt="" class="wp-image-9684" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa.jpg 800w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa-300x225.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa-768x576.jpg 768w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa-24x18.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa-36x27.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/05/13c1ad5_1716480219254-awa-48x36.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong><em>Par Kidi Bebey &#8211;<a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/05/24/la-parole-aux-negresses-reedition-d-un-manifeste-feministe-qui-a-fait-date_6235209_3212.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Le Monde</a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-la-parole-aux-negresses-reedition-dun-manifeste-feministe-qui-a-fait-date/9683/">Livres. « La Parole aux Négresses », réédition d’un manifeste féministe qui a fait date</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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		<title>Livres. Le premier Choix Goncourt organisé en Turquie est attribué à &#8220;Triste tigre&#8221; de Neige Sinno</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Apr 2024 21:06:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Choix Goncourt, organisé sous la présidence de l'écrivain Mathias Énard en Turquie : une première dans ce pays qui a su préserver sa longue histoire avec la francophonie malgré des relations parfois tumultueuses avec Paris.</p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno/9615/">Livres. Le premier Choix Goncourt organisé en Turquie est attribué à &#8220;Triste tigre&#8221; de Neige Sinno</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="600" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre-.jpg" alt="" class="wp-image-9616" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre-.jpg 800w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--300x225.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--768x576.jpg 768w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--24x18.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--36x27.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2024/04/Le-roman-de-Neige-Sinno-Triste-tigre--48x36.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong>Le Choix Goncourt, organisé sous la présidence de l&#8217;écrivain Mathias Énard en Turquie : une première dans ce pays qui a su préserver sa longue histoire avec la francophonie malgré des relations parfois tumultueuses avec Paris.</strong></p>



<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560"><p lang="fr" dir="ltr">Le prix Choix Goncourt de la Turquie (Türkiye’nin Goncourt Seçimi) a été décerné à Ankara à Neige Sinno pour &quot;Triste tigre&quot; (P.O.L) – avec l’Institut Français en présence de Mathias Enard. C’est le 10e prix international pour &quot;Triste tigre&quot; &#8211; <a href="https://twitter.com/AcadGoncourt?ref_src=twsrc%5Etfw">@AcadGoncourt</a> <a href="https://twitter.com/ifturquie?ref_src=twsrc%5Etfw">@ifturquie</a> <a href="https://t.co/xRfWaDKuJS">pic.twitter.com/xRfWaDKuJS</a></p>&mdash; Éditions P.O.L (@editionsPOL) <a href="https://twitter.com/editionsPOL/status/1780602997317509257?ref_src=twsrc%5Etfw">April 17, 2024</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>



<p>La Turquie a désigné mercredi&nbsp;17&nbsp;avril&nbsp;2024 son Choix&nbsp;Goncourt&nbsp;:&nbsp;<em>Triste Tigre de Neige Sinno</em>, sous la présidence de l&#8217;écrivain français Mathias Énard.</p>



<p>Le prix Goncourt se décline à l&#8217;international à travers le&nbsp;<a href="https://www.academiegoncourt.com/choix-goncourt-internationaux" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Choix Goncourt</a>.&nbsp;Chaque année, depuis 1998, sous l&#8217;égide des instituts français ou des instances de la francophonie, ce projet de critique littéraire est repris avec enthousiasme par tous les étudiants des universités du monde entier. Ils récompensent l&#8217;un des auteurs présents dans la sélection de l&#8217;année du prix Goncourt.&nbsp;Plus d&#8217;une quarantaine de pays participent à ces éditions hors frontières du plus populaire des prix littéraires français. Parmi eux, l&#8217;Espagne, la Corée du Sud, les États-Unis ou encore le Japon. Cette année&nbsp;2024 marque, pour la première fois, l&#8217;entrée de la Turquie dans la prestigieuse académie.</p>



<p>À l&#8217;occasion de cette première édition, un jury représentant une cinquantaine de lecteurs de tous âges, généralement étudiants et enseignants d&#8217;Ankara, d&#8217;Istanbul et d&#8217;Izmir a récompensé ce mercredi 17 avril Neige Sinno pour <em>Triste tigre.</em> Son roman, publié chez P.O.L, a collectionné plusieurs récompenses fin 2023 dont le prix <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/le-prix-femina-2023-decerne-a-neige-sinno-pour-triste-tigre_6167154.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Femina</a> et le <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/ce-texte-ne-m-a-pas-servi-ce-n-est-pas-un-depotoir-la-litterature-dit-neige-sinno-a-propos-de-triste-tigre-prix-goncourt-des-lyceens-2023_6201837.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Goncourt des lycéens</a>. Les jurés ont souligné<em> &#8220;la délicatesse et l&#8217;équilibre avec lesquels l&#8217;écrivaine traite de son sujet difficile, l&#8217;inceste&#8221;,</em> a indiqué le président du jury, Mathias Énard, en annonçant à Ankara la lauréate de ce premier Choix Goncourt de la Turquie. <em>Triste tigre</em> comptabilise déjà dix Choix Goncourt internationaux, parmi lesquels la Corée du Sud, l&#8217;Orient, l&#8217;Inde ou les Pays-Bas.</p>



<blockquote class="twitter-tweet" data-media-max-width="560"><p lang="fr" dir="ltr">Le prix Choix Goncourt de la Turquie (Türkiye’nin Goncourt Seçimi) a été décerné à Ankara à Neige Sinno pour &quot;Triste tigre&quot; (P.O.L) – avec l’Institut Français en présence de Mathias Enard. C’est le 10e prix international pour &quot;Triste tigre&quot; &#8211; <a href="https://twitter.com/AcadGoncourt?ref_src=twsrc%5Etfw">@AcadGoncourt</a> <a href="https://twitter.com/ifturquie?ref_src=twsrc%5Etfw">@ifturquie</a> <a href="https://t.co/xRfWaDKuJS">pic.twitter.com/xRfWaDKuJS</a></p>&mdash; Éditions P.O.L (@editionsPOL) <a href="https://twitter.com/editionsPOL/status/1780602997317509257?ref_src=twsrc%5Etfw">April 17, 2024</a></blockquote> <script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>



<p>L&#8217;Espagne, quant à elle, a désigné&nbsp;<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/jean-baptiste-andrea-prix-goncourt-2023-tres-emu-chez-drouant_6169410.html">Jean-Baptiste Andrea pour Veiller sur elle</a>,<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/jean-baptiste-andrea-prix-goncourt-2023-tres-emu-chez-drouant_6169410.html"></a><em>&nbsp;</em>lauréat du prix Goncourt&nbsp;2023.</p>



<p>Cette première édition a aussi fourni l&#8217;occasion de rappeler que&nbsp;<em>&#8220;la Turquie est au cœur du grand monde de la francophonie&#8221;,&nbsp;</em>a fait valoir Sylvie Lemasson, directrice de l&#8217;Institut français de Turquie.</p>



<p>Avec ses treize écoles et deux universités francophones, qui réunissent plus de 10&nbsp;000&nbsp;élèves et étudiants, la Turquie a su préserver une tradition de la francophonie qui remonte à l&#8217;empire ottoman, même si le français n&#8217;est plus la première langue étrangère comme il l&#8217;a été jusqu&#8217;aux premières années de la République.</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.francetvinfo.fr/pictures/43IZ9tmYwQyRocbu0wegSMGuQFY/0x0:2000x1334/fit-in/720x/2024/04/18/mathias-enard-et-sylvie-lemasson-6620f590067b4879726158.jpg" alt="Le président du jury du Choix Goncourt, l'écrivain français Mathias Énard, et la directrice de l'Institut français de Turquie, Sylvie Lemasson, lors de l'annonce du lauréat, à Ankara, le 17 avril 2024. (ADEM ALTAN / AFP)"/><figcaption class="wp-element-caption">Le président du jury du Choix Goncourt, l&#8217;écrivain français Mathias Énard, et la directrice de l&#8217;Institut français de Turquie, Sylvie Lemasson, lors de l&#8217;annonce du lauréat, à Ankara, le 17&nbsp;avril&nbsp;2024.&nbsp;(ADEM ALTAN / AFP)</figcaption></figure>



<p>Si le temps où les dirigeants turcs pouvaient parfaitement s&#8217;exprimer en français, à l&#8217;image du père fondateur Mustafa Kemal Atatürk, semble loin, la langue de Molière reste très présente,&nbsp;<em>&#8220;vue comme plus littéraire, plus culturelle que l&#8217;anglais&#8221;,</em>&nbsp;remarque Mathias Énard.</p>



<p><em>&#8220;J&#8217;ai une relation toute particulière avec la Turquie&#8221;,</em>&nbsp;affirme l&#8217;auteur qui a notamment publié&nbsp;<em>Parle-leur de batailles, de rois et d&#8217;éléphants</em>, consacré à Constantinople au XVIe&nbsp;siècle et&nbsp;<em>Boussole</em>, lauréat du prix Goncourt en 2015, qui évoque Istanbul aujourd&#8217;hui.&nbsp;<em>&#8220;Ce qui est fascinant dans l&#8217;histoire de la Turquie, c&#8217;est sa façon de se confronter aux défis, aux transformations et de savoir se réinventer tout le temps&#8221;,</em>&nbsp;estime-t-il.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&#8220;Rôle clé&#8221; face à l&#8217;Occident</h2>



<p>Les défis d&#8217;Ankara se cachent aussi dans ses relations avec l&#8217;Occident qui ont été, en particulier sous le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan, marquées par les tensions particulièrement avec la France, à propos des droits d&#8217;exploration gazière en Méditerranée orientale disputés à la Grèce et à Chypre. Des enseignants français de la prestigieuse université Galatasaray, à Istanbul, avaient été menacés d&#8217;expulsion en 2021 après le refus des autorités turques de leur délivrer un permis de travail, dans ce contexte de mésentente et d&#8217;amertume entre Ankara et Paris. Le président turc s&#8217;était même interrogé sur la<em>&nbsp;&#8220;santé mentale&#8221;&nbsp;</em>de son homologue, Emmanuel Macron, et avait appelé à boycotter les produits français avant de revenir à des propos plus diplomatiques.</p>



<p>Tiraillée entre son aspiration à devenir une démocratie européenne et son ambition d&#8217;être une force politique et militaire régionale, la Turquie a souvent entretenu un rapport amour-haine avec l&#8217;Occident, évoqué dans les romans de son célèbre prix Nobel, Orhan Pamuk. Ankara n&#8217;est pas pourtant obligé de choisir entre ces deux mondes, avance Mathias Énard. <em>&#8220;La Turquie joue un rôle clé vis-à-vis de l&#8217;Occident. Elle ne peut pas être uniquement moyen-orientale. Elle a cette possibilité d&#8217;exister des deux côtés du Bosphore&#8221;, </em>remarque-t-il en évoquant Istanbul, la métropole turque à cheval sur l&#8217;Asie et l&#8217;Europe.</p>



<p class="has-medium-font-size"><strong><em>World Opinions &#8211;<a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/prix-litteraires/le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno_6493976.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> France Info Culture</a></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-le-premier-choix-goncourt-organise-en-turquie-est-attribue-a-triste-tigre-de-neige-sinno/9615/">Livres. Le premier Choix Goncourt organisé en Turquie est attribué à &#8220;Triste tigre&#8221; de Neige Sinno</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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		<title>Livres. &#8220;Stasiland&#8221; : l&#8217;enquête d&#8217;Anna Funder sur ces voix oubliées des victimes de l&#8217;ex-Allemagne de l&#8217;Est</title>
		<link>https://opinions-mayadin.com/livres-stasiland-lenquete-danna-funder-sur-ces-voix-oubliees-des-victimes-de-lex-allemagne-de-lest/9433/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[worldOpinions]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Dec 2023 22:57:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette enquête essentielle de l'autrice australienne Anna Funder est rééditée en français par les éditions Héloïse D'Ormesson. "Stasiland" avait d'abord été publié en 2002 en Australie, puis dans 25 pays. Mais en Allemagne, le manuscrit avait été rejeté par 23 éditeurs, avant d'être difficilement distribué dans les années 2000.</p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/livres-stasiland-lenquete-danna-funder-sur-ces-voix-oubliees-des-victimes-de-lex-allemagne-de-lest/9433/">Livres. &#8220;Stasiland&#8221; : l&#8217;enquête d&#8217;Anna Funder sur ces voix oubliées des victimes de l&#8217;ex-Allemagne de l&#8217;Est</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/189365708.jpg" alt="" class="wp-image-9434" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/189365708.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/189365708-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/189365708-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/189365708-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/189365708-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p style="font-size:17px"><strong>Cette enquête essentielle de l&#8217;autrice australienne Anna Funder est rééditée en français par les éditions Héloïse D&#8217;Ormesson. &#8220;Stasiland&#8221; avait d&#8217;abord été publié en 2002 en Australie, puis dans 25 pays. Mais en Allemagne, le manuscrit avait été rejeté par 23 éditeurs, avant d&#8217;être difficilement distribué dans les années 2000.</strong></p>



<p><strong>L&#8217;histoire :</strong>&nbsp;jeune journaliste australienne, Anna Funder retourne à Berlin, après la chute du Mur, en 1996. Elle est frappée par la rapidité avec laquelle le Mur a physiquement disparu des rues de la capitale réunifiée, et par la muséification presque instantanée de l&#8217;histoire de l&#8217;ex-Allemagne de l&#8217;Est. Elle se met alors en quête de paroles de victimes ordinaires de la Stasi, et va également tomber sur d&#8217;anciens espions, dont elle va recueillir aussi les témoignages hallucinants.&nbsp;<em>Stasiland</em>, d&#8217;Anna Funder, traduit de l&#8217;anglais (Australie) par Mireille Vignol, est paru le 9 novembre 2023 aux éditions Héloïse d&#8217;Ormesson (365 pages, 22€).</p>



<h2 class="wp-block-heading">&#8220;Recherche anciens de la Stasi&#8221;</h2>



<p>Lors de son premier séjour en Allemagne de l&#8217;Ouest, dans les années 1980, Anna Funder avait été intriguée par ce qui se passait de l&#8217;autre côté du Mur. Très peu d&#8217;informations traversaient alors le rideau de fer, et la jeune étudiante invente un mot valise comme la langue allemande en raffole, intraduisible, pour exprimer ce qu&#8217;elle ressent : celui de &#8220;romance-horreur&#8221;. La romance, c&#8217;est ce rêve d&#8217;un monde meilleur que les communistes allemands ont voulu bâtir sur les cendres de leur passé nazi. L&#8217;horreur, c&#8217;est ce qu&#8217;ils ont fait en son nom.&nbsp;</p>



<p>En 1996, elle se rend au &#8220;Ruden Ecke&#8221;, l&#8217;immeuble au coin rond, à Leipzig. C&#8217;est l&#8217;ancien siège de la Stasi, la terrible police secrète allemande, où elle espère retrouver des témoignages de victimes. L&#8217;immeuble a été transformé en musée dès 1994, cinq ans seulement après la chute du Mur. Elle place également une petite annonce dans les journaux locaux :&nbsp;<em>&#8220;recherche anciens de la Stasi et collaborateurs officieux pour recueillir témoignages. Publication en anglais, anonymat et discrétion garantis&#8221;</em>. Elle ne se doute pas alors qu&#8217;elle va recevoir de nombreux coups de fil, tous plus improbables les uns que les autres, qui vont la mener jusqu&#8217;aux plus hautes sphères de l&#8217;Etat.&nbsp;</p>



<p>Côté victimes, les témoignages sont difficiles à obtenir, ils arriveront au compte-goutte, et surtout, elle en découvrira la face cachée en recueillant une parole enfouie dans la honte d&#8217;un passé que d&#8217;aucuns souhaiteraient d&#8217;abord oublier. Car victimes et anciens bourreaux se recroisent parfois dans la nouvelle Allemagne, qui a mis sous le tapis tout ce qui pouvait rappeler ce passé douloureux, désormais muséifié, comme vitrifié dans le folklore.&nbsp;</p>



<p>Il y a ainsi le personnage (mais doit-on écrire personnage ?) de Miriam, qui avait 16 ans en 1968. Cette année-là, c&#8217;est le printemps de Prague de l&#8217;autre côté de la frontière. Avec une copine, elle colle quelques affiches inoffensives. Trop subversives pour la RDA.&nbsp;<em>&#8220;Accusée juvénile numéro 725, comprenez que vos activités auraient pu déclencher la troisième guerre mondiale (&#8230;) Ils étaient tous fous, mais c&#8217;est elle qu&#8217;on mettait sous les verrous.&#8221;</em>&nbsp;Placée en cellule d&#8217;isolement par la Stasi pendant un mois, Miriam craque et décide qu&#8217;elle ne revivra cela pour rien au monde : elle tente le tout pour le tout pour passer à l&#8217;Ouest. Elle échoue et cette décision va détruire sa vie. En 1996, Miriam espère toujours que les &#8220;femmes-puzzle&#8221; vont reconstituer l&#8217;histoire de la mort en détention de son compagnon. Les &#8220;femmes-puzzle&#8221;, ce sont ces petites mains qui s&#8217;occupent des archives de la Stasi. En 1990, 15 000 sacs ont été découverts. Ils renferment des dossiers broyés ou déchirés à la main, des index, des photos et des cassettes ou des films. À l&#8217;allure où ces documents sont recollés, trois cent cinquante ans seraient nécessaires pour tout reconstituer mais Miriam s&#8217;accroche à cet espoir, qu&#8217;Anna n&#8217;ose briser.&nbsp;</p>



<p>Il y a aussi Julia, qui n&#8217;a jamais pris de décision, au contraire. Et qui, malgré l&#8217;attachement de sa famille &#8211; ou son indifférence &#8211; à l&#8217;Allemagne de l&#8217;Est, n&#8217;échappe pas au broyage de cet Etat totalitaire. Elle ne saura jamais vraiment pourquoi elle ne réussit pas ses études malgré son esprit brillant, pourquoi elle n&#8217;obtient pas de travail &#8211; malgré un taux de chômage officiellement inexistant. Des vies misérablement brisées par la paranoïa d&#8217;un Etat où tout le monde surveillait tout le monde. Et il y en a bien d&#8217;autres, comme cette femme dont le bébé est sauvé dans un hôpital de Berlin-Ouest, mais qu&#8217;elle ne pourra retrouver qu&#8217;à ses cinq ans, car entretemps le Mur a été construit.&nbsp;</p>



<p>Après la chute du Mur, les médias allemands ont qualifié l&#8217;Allemagne de l&#8217;Est d&#8217;Etat &#8220;le plus étroitement surveillé de tous les temps&#8221;. La Stasi, explique Anna Funder, comptait 97&nbsp;000 employés, et 173&nbsp;000 indicateurs disséminés dans la population. À titre de comparaison, dans l&#8217;Allemagne du III<sup>e</sup>&nbsp;Reich il y avait un agent de surveillance pour 2000 habitants. L&#8217;URSS de Staline comptait un membre du KGB ou informateur pour 5830 habitants. En RDA, une personne sur soixante-trois était agent ou indicateur de la Stasi. En comptant les indicateurs occasionnels, on arrive à une proportion d’une personne qui en surveillait six et demi&#8230; Au siège de la Stasi, 15&nbsp;000 fonctionnaires venaient travailler chaque jour.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La douloureuse absurdité d&#8217;un Etat totalitaire</h2>



<p>Parmi eux, Anna Funder reçoit un jour cette réponse d&#8217;un ancien :&nbsp;<em>&#8220;Comprenez bien que pour certains d&#8217;entre nous, il est très difficile d&#8217;obtenir des emplois dans la nouvelle Allemagne. Nous sommes victimes de discriminations et d&#8217;arnaques sans vergogne dans ce&#8230; ce&nbsp;</em>Kapitalismus<em>. Mais nous apprenons vite, c&#8217;est pour ça que je vous demande combien vous êtes prête à payer pour mon histoire.&#8221;</em>&nbsp;Après réflexion, la journaliste refuse :&nbsp;<em>&#8220;Pourquoi récompenser une nouvelle fois un mouchard ?&#8221;&nbsp;</em>Paradoxalement, raconte-t-elle, les hommes de la Stasi ont été nettement moins touchés que les autres par le chômage qui a ravagé l&#8217;Allemagne de l&#8217;Est depuis la chute du Mur. Beaucoup ont trouvé du travail dans les assurances, le télémarketing ou l&#8217;immobilier. Rien de cela n&#8217;existait en RDA. Mais de fait, la Stasi les avait formés à l&#8217;art de convaincre les gens d&#8217;agir contre leur intérêt.&nbsp;</p>



<p>Quoiqu&#8217;il en soit, pas un seul des tortionnaires de l&#8217;ancienne RDA n&#8217;a été traduit en justice. Ce qui explique peut-être pourquoi le livre d&#8217;Anna Funder a eu autant de mal à être traduit et publié en Allemagne dans les années 2000. Son enquête est d&#8217;autant plus distanciée qu&#8217;elle émane d&#8217;une journaliste australienne, donc totalement étrangère à l&#8217;histoire de l&#8217;Allemagne sur un plan personnel, et donc d&#8217;autant plus à même d&#8217;avoir un regard neuf sur cette histoire récente. Mais justement, une folle humanité en ressort, du fait de la proximité qu&#8217;elle établit avec ses témoins. La justesse de son propos et son second degré (omniprésent et indispensable face à l&#8217;absurdité quotidienne) ressortent des témoignages et de ses observations et rendent le livre d&#8217;une acuité rare. D&#8217;ailleurs, il a reçu de nombreuses récompenses dans les années 2000 lors de sa parution, dont celle du &#8220;Livre de l&#8217;année&#8221; par le journal britannique &#8220;The Guardian&#8221;, à juste titre. Sa réédition en français donnera aux lecteurs hexagonaux l&#8217;occasion de se plonger dans l&#8217;histoire de la RDA. Une histoire de totalitarisme emblématique du monde d&#8217;Orwell qu&#8217;il n&#8217;est jamais bon d&#8217;oublier totalement, tant ses mécanismes peuvent toujours réapparaître sous d&#8217;autres formes.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="https://www.francetvinfo.fr/pictures/MJsDww4Ok7vYSxGhO5GKwYHGv7o/fit-in/720x/2023/12/01/funder3-pl12-6569f651c0c55189365708.jpg" alt="&quot;Stasiland&quot;, de Anna Funder (© Ute Mahler/Ostkreuz /Conception graphique amb/m87design)"/><figcaption class="wp-element-caption">&#8220;Stasiland&#8221;, de Anna Funder&nbsp;(© Ute Mahler/Ostkreuz /Conception graphique amb/m87design)</figcaption></figure>



<p><strong><em>Stasiland</em>, d&#8217;Anna Funder, traduit de l&#8217;anglais (Australie) par Mireille Vignol, est paru le 9 novembre 2023 aux éditions Héloïse d&#8217;Ormesson (365 pages, 22€).</strong></p>



<p><strong>Extrait :</strong></p>



<p>&#8220;Le téléphone n&#8217;arrête pas de sonner. <br>&#8220;Bock&#8221;<br>Une voix douce, la respiration difficile d&#8217;un vieil homme.<br>&#8220;Je réponds à votre petite annonce.<br>&#8211; Ah oui. Herr Bock. Merci d&#8217;appeler.&#8221;<br>Je n&#8217;ai pas le temps de lui expliquer ce que je cherche. <br>&#8220;Je peux tout vous dire sur le Ministère de la Sécurité d&#8217;Etat, annonce-t-il d&#8217;entrée. Tout ce que vous voulez savoir, jeune dame, je peux vous le dire car j&#8217;étais professeur à l&#8217;académie de formation du ministère. J&#8217;y enseignais la <em>Spezialdisziplin.</em><br>&#8211; Oh. <em>Ja</em> ?<br>&#8211; <em>Spezialdisziplin</em>, répète-t-il. Vous savez ce que c&#8217;est ?<br>&#8211; Non je ne sais pas.<br>&#8211; La <em>Spezialdisziplin</em> était la science du recrutement des indicateurs. La<em> Spezialdisziplin</em>, c&#8217;était l&#8217;art du contact.&#8221;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/92f332249896.jpg" alt="" class="wp-image-9435" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/92f332249896.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/92f332249896-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/92f332249896-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/92f332249896-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/12/92f332249896-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="has-medium-font-size"><strong><em>World Opinions &#8211; <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/stasiland-l-enquete-d-anna-funder-sur-ces-voix-oubliees-des-victimes-de-l-ex-allemagne-de-l-est_6217806.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">France Culture</a></em></strong></p>
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		<title>Histoire. La Palestine : un peuple, une histoire, des exodes</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Nov 2023 21:00:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis le début du conflit, la marge de manœuvre des plus de deux millions de Gazaouis est inexistante ou presque. Seule issue, s’exiler vers le désert égyptien. Tel-Aviv les y pousse mais ni eux ni les Égyptiens ne le veulent. Retour sur une longue série d’exodes entamée en 1948.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/aux-origines-de-la-nakba-le-sionisme.jpg" alt="" class="wp-image-9380" style="aspect-ratio:1.3846153846153846;width:721px;height:auto" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/aux-origines-de-la-nakba-le-sionisme.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/aux-origines-de-la-nakba-le-sionisme-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/aux-origines-de-la-nakba-le-sionisme-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/aux-origines-de-la-nakba-le-sionisme-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/aux-origines-de-la-nakba-le-sionisme-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p class="has-white-color has-vivid-red-background-color has-text-color has-background" style="font-size:17px"><strong>Depuis le début du conflit, la marge de manœuvre des plus de deux millions de Gazaouis est inexistante ou presque. Seule issue, s’exiler vers le désert égyptien. Tel-Aviv les y pousse mais ni eux ni les Égyptiens ne le veulent. Retour sur une longue série d’exodes entamée en 1948.</strong></p>



<p>Tout commence avec la Nakba, « la grande calamité », après la proclamation de l’État d’Israël le 14 mai 1948 par David Ben Gourion. Ce printemps du sionisme sera l’hiver du nationalisme arabo-palestinien. Plus de 700 000 Palestiniens prennent le chemin de l’exode vers les pays arabes limitrophes, où ils vont aller s’entasser dans des camps de fortune. C’est le début de la diaspora et du « problème des réfugiés » palestiniens.</p>



<p>Sur les raisons du départ, pas de consensus. Pour les uns, les Palestiniens ont été forcé à l’exil par Tsahal. Pour les autres, les Arabes ont fui de leur propre gré. La vérité est probablement, comme souvent, à mi-chemin. Dans tous les cas, avec le départ forcé ou volontaire des Arabes, les Juifs devenaient majoritaires. Israël avait tout intérêt à ce que les Palestiniens fuient. Mais il fallait gérer en toute urgence le nombre important d’exilés.</p>



<p>C’est à l’ONU que revient la patate chaude. Pour ce faire, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA) est mise sur pied afin de gérer spécialement la diaspora palestinienne. Elle va recenser 190 000 réfugiés à Gaza, 280 000 en Cisjordanie, 70 000 en Jordanie, 110&nbsp; 000 au Liban et 76 000 en Syrie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gaza la remuante</h2>



<p>Étroite bande de quelque 500 kilomètres carrés, Gaza est d’abord administrée, de 1948 à 1967, par Le Caire, qui ne songera jamais à l’annexer. C’est une administration militaire qui s’apparente à un protectorat. Les Gazaouis deviennent des apatrides. C’est également dans les années 1950 que Nasser, ennemi juré de l’État hébreu, encourage la guérilla palestinienne. Les fedayin frappent le sud d’Israël, tuant indistinctement civils et militaires. Ainsi, sous la férule de l’Égypte va progressivement germer ce qui deviendra l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), modèle du nationalisme palestinien. On le constate : Gaza est, depuis les origines, aux avant-postes de l’opposition armée et idéologique à Israël.</p>



<p>Après la défaite militaire de l’Égypte en 1956, suite à la crise de Suez, Israël prend le contrôle de Gaza et envahit le Sinaï. Les affrontements entre Tsahal et les fedayin sont très violents. Conséquence : des milliers de Gazaouis sont expulsés. Ils deviennent des doubles exilés. Débute dès lors une occupation effective de plus de 25 ans où quelque 100 000 Gazaouis vont travailler en Israël. Cela n’empêche en aucun cas les attentats terroristes.</p>



<p>En 1987, toujours fidèle à sa dynamique de confrontation, c’est à l’extrême nord de Gaza, dans le camp de Jabaliya, que débute la première Intifada, la « guerre des pierres ». La même année, le Hamas voit le jour. Suite aux accords signés entre Israël et l’OLP en 1993 à Washington, puis en 1994 au Caire, Gaza devient autonome. Elle voit l’installation de l’Autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat. Le Hamas reste sous contrôle jusqu’aux élections législatives de 2006. Un an plus tôt, Tsahal se retirait unilatéralement de la bande gazaouie, malgré les tirs de plus en plus fréquents de roquettes sur le sud d’Israël. Des zones palestiniennes, la bande de Gaza est la plus turbulente.</p>



<p>La Cisjordanie, elle, est dix fois plus grande que Gaza. En 1950, et contrairement à Gaza, elle est tout simplement annexée par la Transjordanie pour former, tout autour du fleuve Jourdain, la Jordanie. Les Cisjordnaniens deviennent de facto des citoyens jordaniens. Débute dès lors un long travail d’assimilation par lequel l’État central s’attèle à effacer l’identité palestinienne des réfugiés. L’économiste franco-égyptien Samir Amin l’explique clairement : « Les États arabes s’emploieront activement de 1947 à 1967, à […] empêcher le peuple palestinien de mener sa lutte de libération, qui ne peut être que révolutionnaire. L’administration jordanienne et égyptienne en Palestine arabe remplit cette fonction. De 1948 à 1955, elle impose le silence aux Palestiniens, victimes de la défaite . »</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestinian_refugees.jpg" alt="" class="wp-image-9381" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestinian_refugees.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestinian_refugees-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestinian_refugees-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestinian_refugees-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestinian_refugees-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Septembre noir</h2>



<p>Avec la guerre de 1967, un schéma plus ou moins identique à celui de Gaza se répète. L’exode dans l’exode. Quelque 250 000 Cisjordaniens traversent le Jourdain pour se réfugier en Jordanie. Ces « personnes déplacées », selon la terminologie officielle de l’ONU, ont un droit au retour comme le stipule la résolution du 18 décembre 1968. Vainement. C’est une fin de non-recevoir de Tel-Aviv. Ils continueront à grossir les rangs des réfugiés des camps palestiniens en Jordanie. La défaite des armées arabes coalisées face à l’État hébreu permet, paradoxalement, au nationalisme palestinien, au travers de l’OLP et de Yasser Arafat, de s’affirmer indépendamment du panarabisme et du nassérisme.</p>



<p>Les camps de réfugiés palestiniens en Jordanie deviennent inévitablement un terreau du militantisme et de l’activisme de l’OLP et de sa branche armée. Le clash avec les autorités jordanienne est désormais inéluctable. Il a lieu en 1970. Du&nbsp;17&nbsp;au 27 septembre, les milices du roi Hussein, au prétexte d’un complot contre la monarchie, vont passer au fil de l’épée des milliers de Palestiniens. C’est le «&nbsp;Septembre noir&nbsp;». Les réfugiés, désormais persona non grata sur le territoire jordanien, s’expatrient au Liban.</p>



<p>Les exilés palestiniens de Jordanie viennent s’ajouter aux autres Palestiniens déjà présents dans les camps de réfugiés depuis 1948. Dans un Liban faible, la centrale palestinienne s’érige rapidement en une force armée avec laquelle il faut compter. «&nbsp;Le Liban, accueillant tous les réfugiés palestiniens dans les camps du sud et du nord, subissait le comportement d’Arafat qui s’érigeait en véritable chef d’un État dans l’État, encouragé en cela par les accords du Caire, lui permettant de se défendre contre les raids israéliens. Il luttait&nbsp;alors&nbsp;avec des armements plus lourds que ceux que possédait l’armée libanaise&nbsp;», détaille l’essayiste franco-libanais Antoine-Joseph Assaf.</p>



<p>En 1975, une terrible guerre civile, multicommunautaire, éclate. Chiites, Druzes, Chrétiens, Sunnites… Tous contre tous. Les Palestiniens sont happés dans le conflit et le tribut qu’ils paient est tragique. En 1976, lorsque les Syriens interviennent à la rescousse des Chrétiens libanais, ils font un massacre au camp palestinien de Tel al-Zaatar, au nord-est de Beyrouth. Au bas mot, 2 000 victimes. Nouveau carnage en 1982, dans le camp de réfugiés de Sabra et Chatila, à Beyrouth-Ouest. Sous l’œil complaisant des Syriens, phalangistes et milices chrétiennes, épaulés par Tsahal, exécutent jusqu’à 3 500 Palestiniens. « Ces événements montrent à quel point leur présence n’a jamais été acceptée par certaines franges de la société libanaise », observe le politologue Jean-Paul Chagnollaud.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des exilés indésirables</h2>



<p>On trouve également une diaspora palestinienne dans les pays du Golfe, particulièrement au Koweït. C’est une frange aisée. Mais la guerre de 1991 va changer la donne et les Palestiniens seront contraints de nouveau à s’exiler. En Syrie, les camps de réfugiés sont sous étroite surveillance policière. Il leur est interdit d’avoir une quelconque activité politique, syndicale ou associative de quelque nature que cela soit. Le secteur public leur est également fermé puisque la première condition d’embauche est celle de détenir la nationalité du pays. Il leur reste alors le secteur privé et les emplois non qualifiés. Plusieurs rapports de l’UNWRA, qui tente d’y remédier, dénoncent cet état de fait. La situation sociale et sanitaire des camps de réfugiés se&nbsp;caractérise&nbsp;par une forte précarité : insalubrité, surpopulation, maladies chroniques et surmortalité infantile y sont monnaie courante.</p>



<p>N’oublions pas, enfin, les exilés de l’intérieur, ceux qui vont devenir les Arabes israéliens. En dépit de leur naturalisation en 1952, ils demeurent des citoyens de seconde zone, soumis à des lois discriminatoires et souvent considérés par le reste des Israéliens comme une cinquième colonne.</p>



<p>Aujourd’hui, plus de la moitié des 5 millions de Palestiniens vit en-dehors de la Palestine historique. Israël refuse leur droit au retour malgré la résolution 194 des Nations unies. On comprend dès lors pourquoi les Palestiniens tiennent coûte que coûte à rester dans Gaza. Entre la peste des bombardements et le choléra de l’exode et du non-retour, l’enfer des bombes semble sans doute plus doux que l’exil perpétuel.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="760" height="560" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestine.jpg" alt="" class="wp-image-9382" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestine.jpg 760w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestine-300x221.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestine-24x18.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestine-36x27.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/11/Palestine-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 760px) 100vw, 760px" /></figure>



<p class="has-vivid-red-color has-text-color has-medium-font-size"><strong><em>World Opinions &#8211; <a href="https://www.jeuneafrique.com/1499013/culture/la-palestine-un-peuple-une-histoire-des-exodes/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jeune Afrique</a></em></strong></p>
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		<title>Livres. Alioune Badara Mbengue : « Les migrants vivent des choses qui les transforment »</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Sep 2023 20:04:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Auteur d’un premier roman, « Les Flots en sanglots », Alioune Badara Mbengue a fait une entrée remarquée dans le paysage sinistré de l’édition au Sénégal. À 37 ans, ce comptable de profession aborde les mécanismes de l’émigration clandestine avec subtilité et y laisse une part importante de lui-même. Portrait.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue.jpg" alt="" class="wp-image-9308" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/culture-senegal-portrait-alioune-badara-mbengue-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p style="font-size:17px"><strong>Auteur d’un premier roman, « Les Flots en sanglots », Alioune Badara Mbengue a fait une entrée remarquée dans le paysage sinistré de l’édition au Sénégal. À 37 ans, ce comptable de profession aborde les mécanismes de l’émigration clandestine avec subtilité et y laisse une part importante de lui-même. Portrait.</strong></p>



<p>« Ô mer, Quelle facette peut-on bien retenir de toi ? Toi qui agis toujours sous plusieurs casquettes. Autant tu es généreuse et berceuse, autant tu es étouffante et étrangleuse. Avouez donc vos crimes, Ô flots en sanglots ! » À l’image de cette citation reprise sur la quatrième de couverture de son premier roman, <em>Les Flots en sanglots</em> (éditions Sirius), Alioune Badara Mbengue présente aussi deux facettes. Comptable le jour et écrivain la nuit, le Dakarois de 37 ans jongle depuis quelques années entre les chiffres et les lettres, avec la même aisance. Une double casquette qu’il mène avec passion et réalisme, conscient que vivre de la littérature au Sénégal relève de l’utopie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sembène et le virus de la lecture</strong></h2>



<p>Au pays de la Teranga, publier relève du parcours du combattant. Mais il en faudrait plus pour ôter le sourire accroché au visage de celui qui a vu le jour en 1986 dans « la ville tranquille et simple » de Diourbel. Troisième enfant d’une fratrie de six, Alioune Badara Mbengue grandit au rythme des matches de foot et de l’école, dans cette cité historique du bassin arachidier située sur la route de Touba.</p>



<p>C’est là qu’au début des années 2000, en classe de cinquième, il découvre la lecture en tombant sur les nombreux journaux écornés d’un papa douanier, vorace d’information. « Je voulais tout lire, tout m’intéressait, se souvient-il. J’ai chopé sur le coup le virus de la lecture ». Un virus qui se propage très vite de la presse à la littérature sénégalaise, dénichée dans les bibliothèques ou les centres culturels. « J’ai commencé à lire de nombreux romans et le premier qui m’a marqué est <em>Le Docker noir</em>, d’Ousmane Sembène. L’œuvre du cinéaste m’a énormément inspiré car la façon dont il adapte le cinéma dans la littérature est phénoménale. » Une écriture du réel qu’Alioune Badara Mbengue savoure aussi dans <em>La Collégienne</em>, de Marouba Fall, <em>L’Aventure ambiguë</em> de Cheikh Hamidou Kane, mais aussi dans la littérature étrangère d’Hector Malot, l’auteur de <em>Sans famille</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Chômage et billets d’humeur</strong></h2>



<p>Après l’obtention de son bac, en 2005, Alioune Badara Mbengue réussit le concours de l’École supérieure polytechnique en finance et comptabilité et rallie la bruyante Médina de Dakar, à 150 km à l’ouest de Diourbel. Il en ressortira avec un DUT, point final d’un parcours scolaire sans faute dont le futur comptable est persuadé qu’il lui réserve un avenir serein. Pourtant, dès la sortie de l’école, le jeune diplômé est confronté aux galères du marché de l’emploi et enchaîne stages et découverte du chômage. À partir de 2011, dans le contexte politique effervescent du Sénégal, incarné par le mouvement citoyen «&nbsp;Y en a marre&nbsp;», Alioune Mbengue commence à écrire dans des journaux comme&nbsp;<em>Quotidien</em>. Il y rédige des «&nbsp;billets d’humeur contre le régime en place&nbsp;», dont la principale cible se nomme alors Abdoulaye Wade, président depuis 2000, qui brigue un troisième mandat. S’il «&nbsp;ne s’intéresse plus à la politique aujourd’hui, se contentant juste de voter&nbsp;», cette période militante permet au jeune homme de coucher sa frustration sur le papier. Cette première expérience d’écriture fait germer en lui l’idée d’un roman, «&nbsp;pour faire d’une pierre deux coups&nbsp;: assouvir sa passion et sortir tout ce qu’il a encore sur le cœur&nbsp;».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>J’AI PENSÉ MONTER DANS UNE PIROGUE… MAIS JE N’AI PAS EU LE COURAGE</p>
</blockquote>



<p>Ce «&nbsp;besoin d’écrire&nbsp;» se matérialise en 2016. Pendant un an, Alioune Badara Mbengue écrit chaque jour sur le destin tragique de Tamsir, le personnage principal de son premier roman. Un jeune homme qui, malgré de brillantes études, ne parvient pas à trouver un emploi, allant de déconvenues en désillusions à Dakar. Malgré l’amour et le soutien de sa mère, il finit par se convaincre de tenter l’émigration clandestine, malgré ses lourdes conséquences… Un héros tiraillé, dont toute ressemblance avec l’auteur serait une coïncidence&nbsp;? «&nbsp;J’ai pensé monter dans une pirogue, à un moment où je galérais financièrement, mais je n’ai jamais eu le courage de partir, reconnaît l’auteur. Comme Tamsir, je n’avais pas d’issue, alors que j’estimais avoir tout bien fait. J’étais résigné face à tant de fatalité…&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vingt ans après&nbsp;<em>Le Ventre&nbsp;de&nbsp;l’Atlantique</em></strong></h2>



<p>Presque vingt ans après la parution du classique de Fatou Diome <em>Le Ventre de l’Atlantique</em> – qu’il n’a jamais lu –, l’écrivain en herbe appuie son récit autobiographique sur le sujet brûlant des départs clandestins. Pour ce faire, le comptable a rencontré des personnes revenues d’Europe pour « savoir ce qu’elles avaient vu, ce qu’elles avaient vécu ». « Dans mon récit, il y a le Tamsir d’avant et celui d’après, car les migrants vivent des choses qui les transforment, dit-il. Je trouve cet aspect psychologique fondamental. » D’autant que pour l’auteur, « la société sénégalaise est dure envers les jeunes et les familles leur mettent beaucoup de pression ». « Ici, c’est toujours de ta faute si tu ne réussis pas », déplore celui qui s’est également rendu au tribunal pour rendre son récit le plus réel possible. Au fil des 222 pages, le regard qu’il nous livre sur ce sujet tragique, qui a encore fait la une des journaux au Sénégal cet été, est juste et subtil.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>AU SÉNÉGAL, L’ÉCRITURE NE NOURRIT PAS SON HOMME</p>
</blockquote>



<p>Son ouvrage terminé, Alioune Mbengue propose le manuscrit à l’Harmattan Sénégal, qui l’apprécie beaucoup. Problème, au pays de la Teranga, il faut souvent payer pour être édité. «&nbsp;Ils m’ont demandé 900 000 francs [CFA, soit près de 1 380 euros], ce qui était hors de portée. C’était mort.&nbsp;» Devenu comptable pour une entreprise dakaroise de transport, Alioune laisse tomber, se lance dans l’aventure de l’auto-édition avec Amazon et vend… 5 exemplaires. En 2019, il tombe par hasard sur une petite maison d’édition indépendante nommée Sirius. Le patron, David Sylla Ndeye, lui demande 150 000 francs CFA (230 euros) pour faire tirer à 100 exemplaires&nbsp;<em>Les Flots en sanglots</em>. Le livre paraît en décembre 2021.</p>



<p>Malgré les retours positifs et les invitations dans quelques médias, sa visibilité reste limitée. « Au Sénégal, c’est à l’auteur de faire l’édition, la promotion, la distribution… L’écriture ne nourrit pas son homme. » S’il ne sait même pas s’il a gagné de l’argent, le jeune aspirant écrivain sait que ses 100 livres se sont écoulés et que le 16 septembre, il tiendra sa première séance de dédicace à la librairie de l’Harmattan. Un clin d’œil amusant pour un auteur qui, bien qu’il ait écrit un recueil de nouvelles et un recueil de poèmes, a du mal à envisager une carrière d’écrivain. « On se revendique pays de littérature, mais rien n’est fait au Sénégal pour l’encourager ou la soutenir. Si un jour, je suis à l’abri financièrement, je rêve surtout de faire le tour du monde et de partager mon expérience par écrit pour rendre à la littérature ce qu’elle m’a apporté : le partage et l’évasion. »</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots.jpg" alt="" class="wp-image-9309" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Les-Flots-en-sanglots-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p><strong><em>Les Flots en sanglots</em>, Alioune Badara Mbengue, Sirius Éditions, disponible à la librairie de l’Harmattan, à Dakar.</strong></p>



<p class="has-medium-font-size"><strong><em>World Opinions + <a href="https://www.jeuneafrique.com/1482019/culture/alioune-badara-mbengue-ecrivain-sans-calcul/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">jeuneafrique.com</a></em></strong></p>
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		<title>Débats. “Femme, vie, liberté” : Bahareh Akrami raconte la révolution iranienne en bande dessinée.. Vidéo</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Sep 2023 17:59:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman graphique “Femme, vie, liberté”, conçu sous la direction de Marjane Satrapi, sort en librairie ce jeudi 14 septembre. Un an après la mort de Mahsa Amini, l’ouvrage raconte l’année de révolution que vient de vivre l’Iran. Pour la dessinatrice Bahareh Akrami, que nous avons rencontrée, il est crucial de ne pas laisser ce combat tomber dans l’oubli.</p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/debats-femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee-video/9284/">Débats. “Femme, vie, liberté” : Bahareh Akrami raconte la révolution iranienne en bande dessinée.. Vidéo</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="520" src="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee.jpg" alt="" class="wp-image-9285" srcset="https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee.jpg 720w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee-300x217.jpg 300w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee-24x17.jpg 24w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee-36x26.jpg 36w, https://opinions-mayadin.com/wp-content/uploads/2023/09/Femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee-48x35.jpg 48w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /></figure>



<p style="font-size:17px"><strong>Le roman graphique “Femme, vie, liberté”, conçu sous la direction de Marjane Satrapi, sort en librairie ce jeudi 14 septembre. Un an après la mort de Mahsa Amini, l’ouvrage raconte l’année de révolution que vient de vivre l’Iran. Pour la dessinatrice Bahareh Akrami, que nous avons rencontrée, il est crucial de ne pas laisser ce combat tomber dans l’oubli.</strong></p>



<div style="position:relative;padding-bottom:56.25%;height:0;overflow:hidden;"> <iframe loading="lazy" style="width:100%;height:100%;position:absolute;left:0px;top:0px;overflow:hidden" frameborder="0" type="text/html" src="https://www.dailymotion.com/embed/video/x8o1s6n" width="100%" height="100%" allowfullscreen title="Dailymotion Video Player" > </iframe> </div>



<p><em>“Le feu couve toujours sous la cendre : il suffirait d’une étincelle pour que ça reparte.”</em> Il y a près d’un an, le 16 septembre 2022, la jeune Mahsa Jina Amini mourait à l’hôpital, trois jours après son interpellation par la police des mœurs. L’onde de choc causée par sa disparition déclenchait une révolution qui dure toujours un an plus tard. Pour la dessinatrice Bahareh Akrami, que <em>Courrier international</em> a rencontrée, cet anniversaire est un moment crucial : l’occasion ou jamais d’amplifier la voix des Iraniens. C’est l’une des raisons qui l’ont poussée à contribuer à l’ouvrage collectif <em>Femme, vie, liberté</em>, dirigé par Marjane Satrapi, qui paraît ce jeudi 14 septembre (éditions L’Iconoclaste).<a href="https://www.courrierinternational.com/video/video-marjane-satrapi-l-iran-vit-la-premiere-revolution-feministe-du-monde-suivie-par-les-hommes"></a></p>



<p>Dans ce roman graphique, le récit détaillé des faits s’appuie sur les travaux de trois spécialistes de l’Iran − le politologue Farid Vahid, l’historien Abbas Milani et le reporter Jean-Pierre Perrin − qui prennent vie sous la plume de vingt dessinatrices et dessinateurs. Bahareh Akrami est l’une d’entre eux&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>“Je viens d’une famille de réfugiés politiques iraniens, qui sont partis dans les années 1980. Ils avaient fait la révolution contre le chah et étaient aussi restés dans l’opposition contre les ayatollahs.”</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading">“Quand je dessine, je m’engage”</h2>



<p>Dès lors que cette nouvelle révolution éclate, en septembre 2022, l’histoire familiale de la dessinatrice et ses convictions politiques la poussent à s’engager, notamment par le biais de collectifs, avec d’autres membres de la diaspora iranienne en France, mais aussi en entamant une revue dessinée des événements en Iran&nbsp;: les manifestations, le courage des femmes qui ôtent leur voile malgré les interdits, mais aussi, très vite, le soutien des hommes, puis la répression sanglante du régime.</p>



<p>Contribuer à cette bande dessinée est pour Bahareh Akrami une occasion supplémentaire de relayer l’actualité de l’Iran.&nbsp;<em>“Quand je dessine, je m’engage, je donne mon avis”,</em>&nbsp;explique-t-elle. C’est pourquoi au récit des faits s’ajoutent, dans les planches qu’elle a dessinées, le franc-parler de deux personnages qui les commentent. L’un est à son effigie, l’autre prend la forme d’un canard plein de gouaille, bien utile pour sortir du politiquement correct.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>“Je tiens à ce que, dans mon travail, les personnages parlent comme dans la vraie vie. Je pense qu’à la lecture, ça fait du bien.”</p>
</blockquote>



<p>Qu’ils traitent les Gardiens de la révolution de&nbsp;<em>“gros bâtards de merde”&nbsp;</em>ou qu’ils disent leur admiration pour les Iraniens qui risquent leur vie − et parfois la perdent −, ces deux acolytes de papier servent de défouloir.</p>



<p>Dans cet ouvrage, les grands événements de cette année de révolution sont retracés, explicités, parfois sortis de l’oubli. Le courage des deux femmes journalistes qui ont alerté les premières la population au sujet de la mort de Mahsa Amini, l’horreur de l’empoisonnement au gaz de milliers de lycéennes ou encore les chansons devenues hymnes de la révolution : cette bande dessinée met en lumière ce qui s’est passé dans le pays ces douze derniers mois. Et pour montrer aux Iraniens qu’ils sont entendus, leur dire qu’ils ne sont pas oubliés, la traduction en persan du livre sera diffusée gratuitement en Iran.</p>



<p class="has-medium-font-size"><em><strong>Par Mélanie Chenouard &#8211; <a href="https://www.courrierinternational.com/video/video-femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Courrier international.com</a></strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://opinions-mayadin.com/debats-femme-vie-liberte-bahareh-akrami-raconte-la-revolution-iranienne-en-bande-dessinee-video/9284/">Débats. “Femme, vie, liberté” : Bahareh Akrami raconte la révolution iranienne en bande dessinée.. Vidéo</a> est apparu en premier sur <a href="https://opinions-mayadin.com">زوايا ميادين | Mayadin Columns</a>.</p>
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		<title>Livres. &#8220;Glory&#8221;, ou la ferme des &#8220;animals&#8221; de NoViolet Bulawayo</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Aug 2023 13:10:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le roman de tous les superlatifs. La Zimbabwéenne NoViolet Bulawayo - Elizabeth Zandile Tshele pour l’état civil - revient avec un livre qui fera date. Glory (éditions Autrement) est une fable animalière, à la hauteur de La Ferme des animaux d'Orwell (1945)..</p>
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<p style="font-size:17px"><strong>L’écrivaine zimbabwéenne NoViolet Bulawayo revient avec une satire politique féroce, une fable animalière qui ne va pas sans rappeler &#8220;La ferme des animaux&#8221; de George Orwell. Chef-d’œuvre. Sortie : le 23 août.</strong></p>



<p>C’est le roman de tous les superlatifs. La Zimbabwéenne NoViolet Bulawayo &#8211; Elizabeth Zandile Tshele pour l’état civil &#8211; revient avec un livre qui fera date.&nbsp;<em>Glory</em>&nbsp;(éditions Autrement) est une fable animalière, à la hauteur de&nbsp;<em>La Ferme des animaux</em>&nbsp;d&#8217;Orwell (1945), sur les indépendances africaines mais le propos est universel. L’écrivaine, née en 1981, situe son récit dans son pays d’origine, le Zimbabwe, même si le nom n’est jamais cité. Elle sème des indices tout au long du roman, certains plus directs que d’autres. Ironique, bienveillante, empathique, l’écriture de NoViolet Bulawayo est éblouissante, un vrai feu d’artifice. Une fois le livre entamé, il est difficile de s’arrêter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que sont nos indépendances devenues&nbsp;?</h2>



<p>Il était une fois, peut-être pas… Sous nos yeux se déroule l’Histoire du Zimbabwe, un pays béni des dieux et violenté par ses dirigeants. Pourtant, tout a commencé d’une façon idéale. Les &#8220;animals&#8221; étaient contents de s’être débarrassés des colonisateurs. La libération promettait des lendemains qui chantent pour tous les &#8220;animals&#8221;. Enfin, certains plus que d’autres. Le nouveau dirigeant, le guide suprême, le grand libérateur est un cheval tyrannique, la Vieille Carne. Son règne a duré si longtemps que les mémoires défaillent quand il faut se souvenir. La Vieille Carne aime son peuple, elle aime aussi discourir. La Vieille carne s’en prend à l’ennemi extérieur (l’Occident) et intérieur (opposition), tous jaloux de sa réussite. Le peuple, ventre vide, se tait. Il n’a pas intérêt à râler. Les Défenseurs sont là pour faire des exemples des récalcitrants.</p>



<p>La Vieille Carne n’a pas vu venir son naufrage, la vieillesse. Sa jeune épouse,<strong>&nbsp;</strong>l&#8217;ambitieuse ânesse Merveilleuse, si. Toute ressemblance avec l’ancien autocrate&nbsp;Robert Mugabe&nbsp;n’est pas fortuite. Et surgit le nouveau libérateur. Et l’histoire bégaie de nouveau. Encore et encore. Un éternel recommencement qu’un imprévu, une jeune fille, fera démentir. Une autre vie est possible. Là réside la force de NoViolet Bulawayo qui démonte tout ce système prédateur avec une langue riche, imagée et originale. Dans son premier livre paru en 2014,&nbsp;<em>Il nous faut des nouveaux noms&nbsp;</em>(Gallimard), elle avait déjà marqué les esprits par son écriture et sa liberté de ton.&nbsp;<em>Glory,</em>&nbsp;satire politique ironique et féroce. NoViolet Bulawago, une écrivaine de grand talent.</p>



<p><strong><em>Glory</em>, NoViolet Bulawayo, traduit de l&#8217;anglais par Claro, éditions Autrement, 23,90 euros. Parution : 23 août 2023.</strong></p>



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<p class="has-medium-font-size"><strong><em>World Opinions + <a href="https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/glory-ou-la-ferme-des-animals-de-noviolet-bulawayo_5999546.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">France Culture </a></em></strong></p>
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